KINSHASA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO / MENA Newswire / — L’ Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que la riposte à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo enregistre des progrès tangibles, tout en soulignant que le confinement de l’épidémie demeure difficile dans les zones touchées par l’insécurité, les mouvements de population et la fragilité des systèmes de santé. L’OMS a recensé 344 cas confirmés et 60 décès confirmés dans le pays au 3 juin, avec des infections enregistrées dans 24 zones de santé réparties dans les provinces d’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

L'épidémie est due à la maladie à virus Bundibugyo, une forme moins courante d'Ebola pour laquelle il n'existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé. Le ministère de la Santé publique, de l'Hygiène et des Affaires sociales de la République démocratique du Congo a déclaré le 17e cas d'Ebola dans le pays le 15 mai, après confirmation en laboratoire dans les zones sanitaires touchées. L'Ouganda a également confirmé 15 cas et un décès liés à l'épidémie, les autorités maintenant une surveillance accrue et des mesures d'intervention à proximité des zones frontalières.
Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que la riposte avait commencé à rattraper son retard après que l'épidémie se soit propagée plus rapidement que les premières mesures de contrôle. Le dépistage s'est intensifié, avec 1 445 tests de laboratoire réalisés et de nombreux cas suspects précédemment écartés. L'OMS a indiqué que 116 cas suspects et 220 décès suspects restaient sous évaluation. Six personnes en République démocratique du Congo et deux en Ouganda sont guéries, selon les derniers chiffres présentés par l'agence.
Le dépistage s'intensifie à mesure que les cas suspects diminuent.
L'amélioration des tests a permis de préciser l'ampleur de la transmission confirmée, les chiffres précédents incluant un grand nombre d'infections suspectées et de décès. Les autorités sanitaires s'efforcent de distinguer les cas d'Ebola des autres maladies dans les communautés où les symptômes de fièvre, de faiblesse et de saignement peuvent se confondre avec ceux de différentes affections. L'OMS a indiqué que l'amélioration des diagnostics a permis de réduire le nombre d'échantillons en attente, même si l'accès aux analyses de laboratoire reste inégal dans les zones reculées et touchées par le conflit dans l'est du Congo.
Le traçage des contacts demeure l'une des principales lacunes de la riposte. L'OMS a indiqué qu'environ 45 % des contacts identifiés avaient été suivis, un taux bien inférieur au seuil nécessaire pour interrompre rapidement la transmission. L'agence a précisé que l'insécurité, les déplacements de population, la désinformation et l'accès limité à certaines communautés continuent d'entraver la surveillance, les inhumations sécurisées, les enquêtes épidémiologiques et la prise en charge précoce. Le ministère de la Santé publique, de l'Hygiène et des Affaires sociales coordonne les actions de riposte avec l'OMS, les autorités sanitaires ougandaises et les partenaires régionaux.
Les restrictions de voyage compliquent les circuits d'approvisionnement.
L’OMS a exhorté les gouvernements à ne pas imposer de restrictions généralisées aux voyages et au commerce, soulignant que de telles mesures risquent de perturber la circulation des personnels de santé, du matériel de laboratoire, des équipements de protection et autres fournitures essentielles. L’agence recommande plutôt un contrôle ciblé aux aéroports, aux ports et aux points de passage frontaliers. Elle a également indiqué que les équipes d’intervention ont besoin de voies d’approvisionnement stables pour les diagnostics, le matériel de prévention des infections et les soins cliniques dans les zones où l’accès routier et l’insécurité sont déjà difficiles.
L'agence estime à 115 millions de dollars le montant nécessaire sur trois mois pour soutenir la riposte, dont environ 35 % sont déjà assurés. Ce financement couvre la surveillance, le dépistage, la prise en charge des cas, la mobilisation communautaire, la logistique et la coordination transfrontalière. Les autorités sanitaires ont indiqué que l'expérience de la République démocratique du Congo face aux précédentes épidémies d'Ebola demeure essentielle à la riposte actuelle, tandis que la souche Bundibugyo, le conflit en cours et les mouvements de population continuent de complexifier l'opération.
L’article « L’OMS affirme que la riposte à Ebola au Congo s’améliore malgré les défis persistants » est paru initialement sur Emirates Echo .
